Genève, le 5 mars 2018, EMBARGO 09H00. La production industrielle de viande génère d’énormes problèmes sanitaires et environnementaux. Elle nous rend malades, les animaux et la planète aussi. La vision d’avenir que Greenpeace présente aujourd’hui prévoit une réduction planétaire de la consommation de viande et de produits laitiers de 50% d’ici 2050. Pour cela, Greenpeace revendique une réorientation des subventions.

Ce que nous mangeons détermine le destin de l’humanité. Notre système alimentaire et la façon dont la terre est utilisée pour la production agricole provoquent actuellement près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre responsables des changements climatiques sur notre planète. Et l’élevage d’animaux de rente nuit autant au climat que toutes les voitures, camions, avions, trains et bateaux ensemble. Bien qu’il y ait de grandes différences régionales à ce sujet, la consommation croissante de produits alimentaires d’origine animale constitue un phénomène et un problème planétaires. Si nous n’agissons pas maintenant, les émissions de gaz à effet de serre de notre système alimentaire pourraient alors constituer plus de la moitié des émissions de l’humanité ; c’est ce que montre l’étude que Greenpeace publie aujourd’hui sur l’élevage d’ici 2050.

Les produits animaux constituent la plus grande part – 60% – des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie alimentaire(1). La viande et les produits laitiers sont les aliments qui nuisent le plus au climat et à notre environnement. Le système alimentaire, en particulier l’élevage d’animaux de rente et la culture de leur fourrage, est aussi une des causes principales de la destruction des forêts anciennes, de l’apparition de zones mortes dans les océans et de la pollution des eaux. L’agriculture industrielle en général et l’élevage d’animaux de rente en particulier contribuent gravement à la perte planétaire de biodiversité. Les scientifiques parlent déjà de la « 6e extinction de masse des espèces ». Et si la tendance de ces dernières années se maintient, 76 milliards d’anmaux seront abattus cette année pour assouvir notre appétit de viande et de lait(2).

Consommation élevée de viande = plus de maladies

Une alimentation riche en viande constitue un des principaux facteurs de risque de mortalité précoce due au diabète ou à un cancer, ainsi qu’à des maladies cardiovasculaires(3). Plus d’antibiotiques sont en outre administrés à des animaux de rente sains qu’à des humains – en Suisse aussi. Il en résulte une diffusion rapide de bactéries multirésistantes aux antibiotiques qui deviennent ainsi de moins en moins efficaces. Dans un futur proche, nous courrons le risque de mourir de nouveau à cause d’infections « simples ». Les conséquences sanitaires de la forte consommation de viande et de produits laitiers ont donc un coût économique et sociétal élevé.

« Si nous réorientons rapidement et systématiquement notre système alimentaire, nous pouvons encore éviter de catastrophiques changements climatiques et les destructions qui les accompagnent, et également améliorer notre santé, explique Philippe Schenkel, chargé de campagne agriculture chez Greenpeace Suisse. C’est pour cela que Greenpeace revendique une réorientation du subventionnement de la production industrielle de viande et de lait vers des entreprises produisant des aliments de façon écologique. Cela implique par exemple de cesser de promouvoir l’élevage de volailles et de porcs, et les exploitations laitières qui misent sur une utilisation élevée d’aliments concentrés. L’utilisation d’antibiotiques dans l’élevage d’animaux de rente doit en outre être fortement réduite.

La vision de Greenpeace pour 2050 constitue le lancement d’une campagne pour une alimentation pauvre en viande et riche en végétaux. La campagne dénonce les problèmes que provoque la consommation élevée de viande et vante la diversité des goûts et des saveurs. Celles et ceux que cela intéresse peuvent y participer de plusieurs façons. Le dossier à ce sujet se trouve ici

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter :

Philippe Schenkel, chargé de campagne agriculture chez Greenpeace Suisse, +41 79 790 52 84, philippe.schenkel@greenpeace.org

Clément Tolusso, porte-parole de Greenpeace Suisse, +41 79 213 41 06, ctolusso@greenpeace.org

(1) IPCC 2014: Smith, P., et al. 2014. Agriculture, Forestry and Other Land Use (AFOLU). In: Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working Group III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Edenhofer, O., et al. (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA.

(2) Source de él’estimation : Allievi, F., Vinnari, M. & Luukkanen, J. 2015. Meat consumption and production – analysis of efficiency, sufficientency and consistency of global trends. Journal of Cleaner Production, 92: 142-151. Laut FAOSTAT betrug die Anzahl der 2016 für Fleisch- und Milchproduktion geschlachten Rinder, Schweine, Geflügel, Schafe und Ziegen insgesamt 73,4 Milliarden. 66 Milliarden davon waren Hühner.

(3) Gakidou, E., et al. 2017. Global, regional, and national comparative risk assessment of 84 behavioural, environmental and occupational, and metabolic risks or clusters of risks, 1990-2013; 2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. The Lancet, 390: 1345-1422.