Alors que le recours contre le permis de construire de l’abattoir Micarna est toujours en cours d’instruction, nous avons publié une analyse de la consommation d’eau de ce projet et dénoncé l’hypocrisie de Migros. Le gérant orange se vante de verser deux millions pour aider les agriculteur·trices contre la sécheresse, alors que son abattoir de St-Aubin nécessitera environ 1,4 million de litres d’eau par jour et que son modèle d’affaires repose sur l’élevage intensif, qui contribue au réchauffement climatique.

La région de la Broye est déjà, en temps normal, une région sous pression en termes de ressources en eau. À cela s’ajoutent les vagues de chaleur et l’extrême sécheresse de cet été, qui ont contraint le canton de Fribourg à prendre toute une série de mesures de restriction de la consommation. Une situation qui est appelée à se répéter à l’avenir. Or, la présence d’un gigantesque abattoir renforcerait le problème d’approvisionnement en eau de la commune et de la région. Abattre plus de 30 millions de poulets par année consomme une quantité d’eau considérable : 1,4 million de litres par jour. Avec un tel volume, le projet de Migros entrerait en concurrence avec les besoins en eau des écosystèmes et de l’agriculture. 

« Ces chiffres nous montrent une nouvelle fois que ce méga-abattoir, qui veut s’implanter dans une région déjà sous stress hydrique en été, est inadapté au contexte local », explique Sera Pantillon, experte consommation et alimentation pour Greenpeace Suisse. « De plus, l’élevage intensif de volailles est inadapté aux conditions de production en Suisse, près de 80% du fourrage nécessaire pour nourrir ces animaux devant être importé. Face aux sécheresses à venir, il est important de garder à l’esprit que produire 1kg de poulet nécessite en moyenne 4’300 litres, contre 1’600 pour les céréales et 322 pour les légumes. Nous avons tout à gagner à prévoir un système alimentaire qui préserve nos ressources en eau. » 

Si Migros veut véritablement « prendre ses responsabilités », cela implique de vendre d’ici 2035 au moins 60% de protéines d’origine végétale et de renoncer à son méga-abattoir. Le recours contre le permis de construire de ce projet, que nous avons déposé en mai dernier aux côtés d’EcoTransition La Broye, des Vert·es de La Broye et de citoyen·nes de la région, est par ailleurs toujours en cours d’examen. Nous avons relevé la violation de plusieurs lois, notamment en termes de protection des eaux, du climat et de la nature, et demandons que le droit soit dûment respecté, pour le bien des habitant·es et de l’environnement. 

Faites entendre votre voix

Exigez qu’au moins 60% des protéines vendues en magasin soient d’origine végétale d’ici 2035.

Signer la pétition