La nouvelle étude de Greenpeace montre dans quelle mesure la gestion de notre argent par les caisses de pension suisses est nocive. En voici un résumé :
Qu’avons-nous découvert ?
Les caisses de pension suisses participent pour au moins CHF 60 milliards à des entreprises qui accroissent la destruction des forêts tropicales. Et elles peinent à assumer leurs responsabilités.

Pourquoi est-ce important ?
Les forêts tropicales ont une fonction de premier plan dans la crise climatique et pour la biodiversité. Leur destruction aggrave dramatiquement le problème.

Qu’est-ce que cela signifie ?
Nos caisses de pension doivent assumer leurs responsabilités et orienter leurs portefeuilles de façon cohérente avec les objectifs climatiques de l’Accord de Paris et la protection de la biodiversité.

Ce que nous revendiquons concrètement :
Greenpeace Suisse appelle les caisses de pension à devenir transparentes sur leur durabilité d’ici la fin-2022 et à présenter une stratégie de durabilité d’ici mi-2023.

Les forêts jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique et les caisses de pension sont des investisseures influents. C’est pour cela que Greenpeace Suisse a voulu savoir quelle est l’ampleur de l’investissement des caisses de pension suisses dans l’actionnariat d’entreprises particulièrement responsables de la destruction des forêts tropicales. Malgré une estimation prudente nous estimons qu’elle est d’au moins CHF 60 milliards, soit environ 5% des fonds de prévoyance. L’étude montre aussi que les caisses de pension n’utilisent pratiquement pas leurs droits d’actionnaires et n’exercent quasiment pas de pression sur les entreprises impliquées pour qu’elles cessent de détruire les forêts. Greenpeace Suisse exige donc que les caisses de pension se fixent l’objectif de préserver nos conditions de vie avec la prévoyance professionnelle des assurés·es – et de ne pas les détruire davantage. Les caisses de pension doivent devenir des militantes pour le climat et agir sur les entreprises dans lesquelles elles investissent pour que leurs affaires deviennent durables. C’est ce que souhaite la majorité des assurés·es.

En Suisse, plus de 1’500 caisses de pensions gèrent plus de 1’200 milliards de fonds de prévoyance. Elles font partie des principaux et plus influents investisseurs de Suisse. Leur responsabilité est donc particulièrement grande.

D’innombrables animaux et plantes vivent dans les forêts tropicales, qui constituent également le lieu de vie de millions de personnes. Les forêts sont aussi de gigantesques réservoirs de carbone et jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat. Les forêts tropicales ont une fonction primordiale pour protéger le climat et la biodiversité, mais on continue à les détruire sur toute la planète pour élever des boeufs, pour cultiver de l’huile de palme, du soja et du café, pour produire du bois et du papier, pour extraire du fer, de l’or, du pétrole et du gaz. « La destruction des forêts tropicales est fatale pour le climat et la biodiversité, et constitue une menace existentielle pour l’humanité, » explique Peter Haberstich, expert des questions liées à la finance pour Greenpeace Suisse.

Les caisses de pension sont responsables en tant qu’investisseurs

Des centaines d’entreprises transnationales accroissent la déforestation par leurs processus de production, leurs chaînes de livraison, leurs produits et leurs services. Des négociants en matières premières, des producteurs et transformateurs de viande, et des sites de commerce en ligne en font partie. Nos caisses de pensions sont des actionnaires de ces entreprises et donc aussi leurs copropriétaires. Elles ont la responsabilité d’influencer la gestion de ces entreprises.

« Les caisses de pension doivent assumer leur responsabilité en tant que copropriétaires des entreprises investies, et les pousser à agir dans le cadre des limites planétaires. Les institutions de prévoyance doivent devenir des militantes pour le climat ! »
Peter Haberstich, expert des questions liées à la finance pour Greenpeace Suisse.

Greenpeace Suisse a fait une estimation prudente en se basant sur l’actionnariat moyen. Il en résulte qu’en 2021, les caisses de pension suisses participaient pour au moins CHF 60 milliards à des entreprises grandement responsables de la déforestation de forêts tropicales en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

Il faut s’attendre à ce que les caisses de pension aient investi des sommes bien plus élevées dans la destruction des forêts tropicales que ce que montre cette estimation. De l’argent de prévoyance supplémentaire est probablement investi entre autres dans des emprunts des mêmes entreprises. « Au lieu d’utiliser la prévoyance professionnelle des assurés·es pour préparer vraiment l’avenir, les caisses de pension participent à la destruction des forêts et donc à la destruction des conditions de vie de nous toutes et tous, » dénonce Peter Haberstich.

Que font les caisses de pension contre les comportements nuisibles de ces entreprises ? Presque rien, comme le montre l’étude de Greenpeace Suisse. Les institutions de prévoyance auraient pourtant la possibilité de faire pression sur les entreprises défaillantes, car en tant qu’actionnaires, elles sont copropriétaires de ces entreprises et disposent des droits correspondants. Elles peuvent ainsi établir un dialogue structuré pour obliger la direction à définir des objectifs de durabilité et aussi à vendre des produits plus durables (processus d’engagement). Ou elles peuvent déposer des résolutions, s’organiser avec d’autres investisseurs et utiliser leur droit de vote pour plus de durabilité. Vous pouvez faire pression sur nos caisses de pension en signant notre appel!

« Les acteurs financiers comme les investisseurs et les gestionnaires de fortune jouent un rôle clé pour rendre l’économie plus durable. Ils doivent amener les entreprises à réaliser leurs produits et leurs services dans le cadre des limites de la planète. Elles contribuent ainsi à préserver notre bien-être à long terme. »

– Peter Haberstich, Greenpeace Suisse

Les caisses de pension doivent créer la transparence et une vraie durabilité 

Greenpeace Suisse appelle les caisses de pension et leurs assurés·es à établir une transparence complète sur leur réelle durabilité d’ici la fin de l’année. D’ici mi-2023, elles doivent s’engager à mettre en place une stratégie de durabilité digne de ce nom. Celle-ci doit entre autres montrer comment la caisse de pension compte atteindre les objectifs climatiques et de biodiversité dans tous ses domaines d’activité. Le chapitre 5 de notre étude fournit des recommandations et des sources bibliographiques.


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L’argent que votre caisse de pension investit, est le vôtre. Vous avez donc un droit légitime à ce que cet argent soit géré de façon à préserver les bases de la vie sur terre, pour nous et les générations futures. 

Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons changer les choses. Dans l’étude que nous venons de publier, nous présentons des pistes de solutions pour que les caisses de pension puissent gérer nos fonds de prévoyance de manière durable.


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