Les pesticides sont soupçonnés contribuer au déclenchement de la maladie de Parkinson, de maladies auto-immunes, du cancer des glandes lymphatiques et de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Les relations causales n’ont jamais été prouvées – mais elles n’ont jamais été exclues. Une étude de Greenpeace fait maintenant le point sur la littérature médicale existante. Elle fait réfléchir. Les pesticides constituent un important risque pour la santé publique.


Les agriculteurs et les jardiniers sont particulièrement exposés. ©Greenpeace/Lim
Les agriculteurs et les jardiniers sont particulièrement exposés. ©Greenpeace/Lim

Des pesticides chimiques de synthèses sont utilisés dans l’agriculture depuis les années 1950. Depuis lors, un grand nombre de ces produits chimiques ont eu un effet en profondeur sur les bases de notre existence du fait de leur usage fréquent et à grande échelle – et dans certains cas aussi du fait de leur persistance environnementale. Certains sont encore présents dans l’environnement des décennies après avoir été épandus. Il est maintenant clair que leurs effets sont divers et de longue durée. Il y a ainsi de plus en plus de rapports scientifiques qui mettent l’épandage de certains pesticides en relation avec la mort des abeilles et la perte de biodiversité. Mais les pesticides peuvent aussi rendre les humains malades.

Récemment, l’IARC qui est l’agence de l’OMS chargée du cancer a sonné l’alarme à cause de l’herbicide total glyphosate. L’OMS n’est pas seule à s’en inquiéter, comme le montre l’étude de Greenpeace « Santé: les pesticides sèment le trouble ». La compilation de récentes études médicales fait dresser l’oreille. La plupart des maladies ont évidemment des causes multifactorielles et il n’est pas facile d’attribuer la cause d’une maladie à certains produits chimiques ou à une seule cause.

De nombreuses études montrent toutefois qu’il y a une relation statistique entre l’exposition à des pesticides et un risque accru de troubles du développement, des perturbations neurologiques et immunologiques, ainsi que certains types de cancer. Les agriculteurs et les jardiniers sont particulièrement exposés ; les foetus et les enfants en bas âge sont particulièrement exposés. Le chlorpyriphos fait par exemple partie des nombreuses substances actives potentiellement nocives pour la santé et autorisées en Suisse.

En Suisse, on retrouve différents types de pesticides dans les sols, les eaux, l’air et la nourriture. Notre pays insiste régulièrement sur sa production de nourriture durable, mais s’en sort mal en ce qui concerne l’utilisation de pesticides par rapport à d’autres pays. La contamination des eaux de surfaces est par exemple énorme.

« La population suisse consomme tous les jours un dangereux cocktail de pesticides à travers ce qu’elle mange, l’air qu’elle respire et l’eau qu’elle boit. Il faut protéger les humains et les animaux contre tout risque de maladie qui y serait lié. Il faut mettre un terme à la folie des pesticides dans les champs, les voies ferrées, les jardins et les parcs, et la remplacer par des méthodes sans chimie de synthèse ! » revendique Marianne Künzle, chargée de la campagne agriculture chez Greenpeace Suisse.

La reconversion à une production alimentaire durable et soutenable est la seule façon sûre de réduire l’exposition aux pesticides. Au lieu de continuer d’investir dans une agriculture intensive, il faut promouvoir la recherche et développer des méthodes agricoles écologiques et sans produits chimiques de synthèse. Les autorités et le monde politique doivent protéger les conditions d’existence ainsi que la population et les animaux contre les risques que constituent les pesticides.