Chauffer au Mazout et au gaz ménagerait le porte-monnaie et contribuerait à la protection du climat. Pour Greenpeace Suisse il s’agit là de fausses affirmations, utilisées par l’Union Pétrolière et l’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG) afin de distordre la concurrence avec les énergies renouvelables. Ce matin, Greenpeace a déposé deux plaintes auprès de la Commission Suisse pour la Loyauté afin de faire cesser cette publicité trompeuse. Parallèlement, il est demandé aux autorités politiques d’imposer des messages d’avertissement sur les produits fonctionnant avec du gaz ou du pétrole, afin d’informer les consommateurs sur leurs conséquences néfastes pour le climat.


©Greenpeace/Schneider
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La Suisse aime à se décrire comme un bon exemple en matière de protection du climat. Pourtant ce n’est pas en ce qui concerne la réduction des gaz à effet de serre ou le développement des énergies renouvelables que notre pays est champion d’Europe, mais bel et avec le recours au chauffage au mazout. C’est en partie le résultat de la communication du Centre Information Mazout de l’Union Pétrolière, qui diffuse de fausses informations sur son site Internet tout comme dans les brochures distribuées au public, les annonces publicitaires et les médias. Il y est notamment affirmé que les chauffages au mazout sont propres et respectueux de l’environnement, et que le remplacement d’une ancienne chaudière au mazout par une nouvelle est en règle générale l’option la moins chère.

Ce n’est clairement pas le cas. Selon de nombreuses sources indépendantes, le chauffage au mazout n’est pas l’option la moins chère. Et le fait que les émissions de CO2 liées à ce type de technologie ont un impact négatif sur le climat et l’environnement est indiscutable. Selon la base de données des analyses du cycle de vie ecoinvent.ch, le mazout est l’agent énergétique qui s’en sort le moins bien lorsque l’on prend en compte les émissions de CO2 et l’impact général sur l’environnement. C’est pour ces raisons qu’une quarantaine de professeurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ont exigé l’interdiction des chaudières au mazout dans le canton de Zürich en aout dernier.

L’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG) se livre également à une forme similaire de Greenwashing en suggérant que le gaz naturel est une énergie écologique permettant de protéger la nature. Ceci, alors qu’il est clairement établi que la combustion de gaz naturel entraîne des émissions de CO2 qui ont des conséquences dévastatrices pour la nature et l’homme, au regard des dernières connaissances en matière de climatologie.

Pour Georg Klingler, expert des questions liées au climat pour Greenpeace Suisse, il est clair que la Commission Suisse pour la Loyauté ne doit pas continuer à tolérer cette publicité trompeuse. « La semaine prochaine, la communauté internationale se réunit à Paris afin d’essayer de trouver des solutions face à l’urgence que constitue le réchauffement climatique. Pendant ce temps, les lobbies pétroliers et gaziers continuent de réchauffer le climat sans exprimer le moindre remords et en se présentant comme respectueux de l’environnement. Cet état de fait scandaleux ne saurait en aucun cas être décrit comme une concurrence loyale. »

Le tabac tue, le réchauffement climatique aussi

En 2007, Greenpeace Suisse avait déjà déposé une plainte similaire contre l’Union Pétrolière. La protection du climat est à nouveau abusivement utilisée comme argument publicitaire, et les lobbies pétroliers et gaziers ne semblent par tenir compte des décisions de la Commission Suisse pour la Loyauté. Greenpeace exige donc que les autorités politiques du pays imposent des messages d’avertissement obligatoires en matière de protection du climat, comme c’est le cas dans le cadre de la prévention des risques liés au tabagisme.

« Non seulement les énergies fossiles détruisent l’environnement, mais elles sont aussi la cause de problèmes de santé et occasionnent un nombre grandissant de décès liés aux canicules », affirme Georg Klingler. « Il est donc tout à fait raisonnable d’exiger que la publicité trompeuse des lobbies gaziers et pétroliers soient contrée par des avertissements présentant objectivement les conséquences dangereuses du réchauffement climatique. »