La Banque nationale suisse refuse de discuter avec Greenpeace de l’achat d’actions de la société canadienne The Metals Company. Avec l’aide des États-Unis, cette entreprise contourne les accords internationaux en matière d’exploitation minière en eaux profondes.

En décembre dernier, la Banque nationale suisse (BNS) a acheté 402’300 actions de la société canadienne The Metals Company (TMC). Valeur : près de 3 millions de francs. TMC compte quelques dizaines d’employés et souhaite à terme se lancer dans l’exploitation minière industrielle en eaux profondes.

L’exploitation minière en eaux profondes est interdite dans les eaux internationales. L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) est compétente pour toutes les questions relatives à ce domaine. 40 États, dont la Suisse, se sont prononcés en faveur d’un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes.

Pour les investisseurs, cela signifie qu’un investissement dans TMC est hautement spéculatif, comme le montre également l’évolution du cours de l’action à la Bourse de New York. La valeur de l’action TMC a stagné pendant des années autour de 1 dollar.

Soudain, le cours a grimpé en flèche, dépassant brièvement les 9 dollars. Que s’est-il passé? Donald Trump. En avril 2025, le président américain a signé un décret visant à autoriser l’exploitation minière en eaux profondes dans les eaux nationales et internationales, sur la base d’une loi américaine de 1980. Cela signifie que Trump, par ce décret, contourne le droit international.

TMC a immédiatement déposé une demande d’exploitation minière en eaux profondes auprès des États-Unis. Il s’agit là également d’une violation du droit. L’AIFM a ouvert une enquête. La demande de TMC est toujours en cours d’examen par les autorités américaines. L’autorisation ne devrait toutefois être qu’une question de temps.

Greenpeace a sollicité le service de gestion des risques de la BNS pour un entretien concernant l’achat des actions de TMC. Mais la BNS a refusé. À la place, nous avons reçu du service de communication une lettre de deux pages sur les missions de la BNS et indiquant que sa politique monétaire et de change servait « l’intérêt général du pays ». Cela sonne bien et figure d’ailleurs dans la Constitution fédérale (art. 99). Nous aurions d’autant plus aimé pouvoir discuter avec le service de gestion des risques pour savoir en quoi l’achat d’actions d’une entreprise controversée a un rapport avec «l’intérêt général du pays ».