Une cinquantaine de militant·es Greenpeace ont manifesté sur la Limmat à Zürich jeudi soir sous le slogan “Colère caniculaire” / “Hässig wäge Heiss”. Ils ont déployé une bannière imposante sur la Münsterbrücke. Au cœur d’un été où se succèdent dangereusement les vagues de chaleur extrêmes, la banalisation et l’inaction des autorités fédérales sont insupportables. Le Conseil fédéral et le Parlement doivent reconnaître l’état d’urgence climatique et mettre en place immédiatement des mesures appropriées contre la chaleur et le dérèglement du climat.
Les canicules actuelles sont provoquées par les activités humaines. La Confédération doit reconnaître qu’elle se trouve dans une situation d’urgence. En Suisse, la température moyenne a déjà augmenté de trois degrés. Au niveau mondial, le réchauffement est de 1,4°C par rapport à l’ère préindustrielle. Une chaleur comme celle que nous vivons aujourd’hui était pratiquement impossible il y a 50 ans.
Les conséquences sont particulièrement négatives sur la santé. Les personnes âgées et celles ayant des antécédents médicaux sont particulièrement menacées. La Suisse a connu une surmortalité de plus de 200 décès durant le mois de juin 2026. La chaleur se maintient et toujours plus de personnes en meurent.
La nature souffre. Les plantes et les animaux sont fortement affectés. Les récoltes sont touchées, et le prix des denrées alimentaires pourrait augmenter ces prochains mois. La chaleur a également un impact sur l’approvisionnement en énergie. La centrale nucléaire de Beznau a déjà dû stopper sa production deux fois cet été. Les centrales de Gösgen et de Leibstadt s’en sortent uniquement grâce à un tour de passe-passe administratif de l’OFEV, qui a assoupli les prescriptions pour la température de l’eau de refroidissement rejetée dans les rivières. Les impacts sur les cours d’eau, les lacs et les arbres sont déjà très visibles.
100 millions pour des mesures d’urgence, plutôt que pour des voitures polluantes
“Le fait que les autorités politiques, et notamment le Conseil fédéral, semblent indifférentes face à la chaleur nous met profondément en colère. Ce déni met tout le monde en danger”, explique Georg Klingler, expert des questions climatiques pour Greenpeace Suisse. “Jusqu’où devront aller les impacts de la chaleur pour que les autorités politiques reconnaissent enfin l’état d’urgence et prennent des mesures appropriées? L’orientation actuelle de la Suisse nous amène vers des situations extrêmes. Si tous les pays agissaient comme la Suisse, l’élévation globale des températures va doubler. Cela provoque des conséquences insurmontables et des points de basculement dangereux.”
“Nous connaissons les solutions”, ajoute Georg Klingler. “Mieux construire, climatiser les établissements de soins, verdir les villes, lutter contre l’imperméabilisation des sols, libérer le secteur du transport et le système énergétique du pétrole et du gaz. Et que fait le Conseil fédéral? Il donne en cadeau une centaine de millions de francs aux voitures les plus polluantes. Il sabre le budget du programme Bâtiment, dégrade les conditions d’investissement dans le solaire et sabote la transition énergétique avec le retour du nucléaire. Le Conseil fédéral doit reconnaître l’urgence actuelle et augmenter immédiatement de 100 millions de francs les mesures contre la chaleur et le réchauffement climatique, au lieu de les dilapider auprès du secteur automobile. Cela doit permettre de soulager la population et de relancer la politique climatique.”
Contacts:
- Georg Klingler, expert climat et énergie chez Greenpeace Suisse, +41 79 785 07 38, [email protected]
- Mathias Schlegel, porte-parole chez Greenpeace Suisse, +41 79 794 61 23, [email protected]


