Ces derniers jours ont été plutôt chargés pour Greenpeace. Après les décisions de mesures de soutien économique en Suisse, nous avions lancé la pétition « Covid-19: le soutien apporté à l’économie doit tenir compte du climat » le 19 mars dernier. Nous estimons que la crise économique qui sera liée à celle de la pandémie du Covid-19 ne doit pas nous ramener en arrière, ou simplement vers « un retour à la normale », mais, bien au contraire, doit servir de réveil et nous pousser à aller de l’avant, pour le climat, pour la nature et pour la solidarité. Plus de 22’000 personnes ont soutenu cet appel. 

La pétition appelle les autorités politiques à saisir l’opportunité de la reconstruction économique du pays pour faire progresser notre pays vers une économie bas carbone en s’appuyant sur 4 piliers: la transition énergétique, la promotion d’un nouveau modèle agricole, le désinvestissement des énergies fossiles pour la place financière Suisse et l’imposition d’objectifs contraignants en terme de protection du climat pour les entreprises dont l’activité entraîne le plus d’émission de CO2.

Mercredi 29 avril, nous avons publié une analyse complète, avec l’aide d’experts de l’organisation energie-wende-ja, afin de voir concrètement comment la relance économique peut se faire de façon durable. Il s’agit d’un rapport complet et très bien documenté de près de 140 pages. Il en ressort une information essentielle: il est possible de mettre enfin la Suisse sur les bons rails pour respecter les engagements de l’Accord de Paris sur le climat d’ici à 2030. Cela coûterait environ 16 milliards de francs, mais permettrait de créer des dizaines de milliers d’emplois. 

Tous ensembles mais chacun chez soi

Évidemment, produire un rapport, plutôt austère, ne suffit pas pour attirer l’attention de nos parlementaires et autres décideurs politiques. Pour y parvenir, nous avons eu besoin de l’aide de nos supporters et des organisations qui animent le mouvement climatique suisse. Dimanche 3 mai, à la veille de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement sur la pandémie du Covid-19, nous avons organisé une manifestation en ligne. Plus de 2’000 personnes nous ont rejoints lors d’une gigantesque vidéoconférence interactive, présentée par Gülsha, une journaliste de Suisse allemande, et Alexia Tissières, une jeune media acitiviste de Suisse romande. Ensemble, nous avons chanté, nous avons montré nos pancartes, nous avons criés des slogans et nous avons profité des performances d’artistes talentueux et engagés. L’enregistrement de la manifestation a ensuite été projeté sur le Palais fédéral, afin de passer du virtuel au réel. 

© Greenpeace / Ex-Press / Severin Nowacki

Notre pétition a aussi été présentée aux parlementaires fédéraux avant l’ouverture de la session spéciale, lundi 4 mai, devant le bâtiment de Bernexpo, qui accueille exceptionnellement l’Assemblée fédérale. Nous avons aussi montré notre expertise aux Parlementaires, afin de les inspirer et les aider à prendre les bonnes décisions. 

Le plus beau dans tout ça, c’est que nous sommes loin d’être seuls dans ce combat. L’Appel du 4 mai a résonné toute la semaine sur les réseaux sociaux et a récolté plus de 50’000 paraphes. De nombreuses organisations se sont aussi mobilisées pour rappeler leurs responsabilités aux grandes entreprises du pays et leur demander de ne pas verser de dividendes aux actionnaires et pour dénoncer l’ignominie du plan de soutien au secteur aérien, qui souhaite juste revenir à la situation pré-pandémie, sans engagements concrets pour le climat. Le mouvement climatique est actif. Il est resté fort malgré le confinement et continuera de tout faire pour moderniser la Suisse de façon écologique et solidaire. Nous sommes fiers de pouvoir y contribuer avec vous, afin de saisir l’opportunité de faire enfin entrer la Suisse dans le 21ème siècle.