Commentaire aux médias à propos de la consultation sur le train d’ordonnances agricoles 2026
Le Conseil fédéral veut affaiblir les exigences minimales qui protègent nos ressources naturelles, telles que le sol et l’eau. La promesse d’une agriculture respectueuse de l’environnement et locale, que le secteur s’engage à tenir en contrepartie de subventions, deviendrait alors lettre morte. Les organisations de protection de la nature s’y opposent.
La population soutient l’agriculture suisse avec des subventions annuelles à hauteur de 3,67 milliards de francs, des barrières douanières élevées et des denrées alimentaires à des prix proportionnellement plus élevés. En contrepartie, les exploitations s’engagent à fournir les prestations écologiques requises (PER), qui garantissent des pratiques agricoles respectueuses des ressources naturelles comme le sol et l’eau (article 104 de la Constitution fédérale). Dans le cadre du train d’ordonnances agricoles 2026, dont la consultation prend fin le 6 mai, le Conseil fédéral veut abolir plusieurs dispositions sur les PER. «Le contrat entre les Suisses·ses et le monde agricole est fortement remis en cause. Nous ne recevons plus les prestations que nous payons, c’est-à-dire une production agricole durable qui préserve la nature et l’environnement», estime Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura.
La confiance dans une agriculture respectueuse de l’environnement est entamée
La fertilité des sols est la condition même de l’existence de l’agriculture, mais aussi de sa capacité à résister aux effets du changement climatique. Son maintien et son amélioration nécessitent des connaissances spécialisées et des modes d’exploitation durables. Or, si l’on suit le raisonnement du Conseil fédéral, il faudrait supprimer l’analyse obligatoire des sols et les exigences en matière de lutte contre l’érosion, affaiblir la règlementation sur les pesticides et étendre encore la panoplie d’insecticides utilisables sans restriction. Un retour en arrière pour l’ensemble du secteur agricole. «Face aux nombreux défis environnementaux de l’agriculture, en particulier du côté des pesticides, il faut renforcer les PER, et non les affaiblir», confirme Eva Goldmann, experte en pesticides auprès du WWF Suisse. Les mesures les plus récentes montrent des concentrations de produits phytosanitaires hautement toxiques toujours élevées dans les ruisseaux.
Nos ressources naturelles dépendent de la protection de la nature
Les organisations environnementales saluent le principe d’une simplification des démarches administratives. L’essentiel, c’est que l’impact global des pratiques agricoles sur la nature fasse l’objet de vérifications, et que la Confédération puisse intervenir quand les objectifs environnementaux ne sont pas atteints. «Si l’on assouplit les exigences environnementales, il faut impérativement instaurer des mesures compensatoires. Le bilan pour la nature et notre santé ne doit en aucun cas devenir négatif. Il conviendrait au contraire de l’améliorer», insiste Jonas Schälle, responsable du dossier Agriculture chez BirdLife Suisse.
Les organisations environnementales rejettent le projet et demandent au Conseil fédéral d’ouvrir une discussion sur les principales modifications dans le cadre de la Politique agricole 2030+, en prévoyant suffisamment de temps pour ouvrir le dialogue avec les milieux concernés.
Informations complémentaires
Contacts
- Pro Natura: Sarah Pearson Perret, directrice romande, [email protected], 079 688 72 24
- WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole, 021 966 73 75, [email protected]


