Après analyse de la décision du préfet de La Broye en avril dernier, Greenpeace Suisse, EcoTransition-La Broye ainsi que 30 habitant·es de Saint-Aubin et des environs ont déposé un recours auprès du Tribunal cantonal de Fribourg contre la levée des oppositions concernant le permis de construire de l’abattoir Micarna, une filiale de Migros. Ce projet, qui vise à abattre plus de 30 millions de poulets par an, ne respecte pas la législation en vigueur, notamment en termes de protection des eaux, du climat et de la nature.
Représentés par l’avocat Raphaël Mahaim, 30 citoyen·nes des environs, l’association locale EcoTransition – La Broye et Greenpeace Suisse ont déposé un recours commun contre le permis de construire de l’abattoir, le plan d’équipement de détail, les essais statiques des pieux de fondation, la plateforme mobilité et les conduites nécessaires à l’approvisionnement en eau. Les associations ont renoncé à s’opposer à la STEP, malgré les ambitions minimales de celles-ci par rapport à la loi (filtration des micropolluants à 80% par exemple), car la région en a urgemment besoin.
Les recourant·es relèvent la violation de plusieurs lois, liées notamment:
- à la protection des eaux souterraines
- à la protection de la nature
- à la protection du climat
- à une étude d’impact sur l’environnement lacunaire (impacts climatiques manquants)
- à une non-conformité à la zone et un déficit de planification
- à une absence de pesée des intérêts.
Un effet suspensif à ce recours est également demandé, afin d’éviter de voir démarrer la construction avant le verdict du Tribunal cantonal fribourgeois.
«Le lieu est mal choisi pour une industrie de ce type: les risques n’ont pas été sérieusement considérés et les infrastructures (trafic, eau…) ne sont pas prêtes, comme le relève le préavis négatif du SeCA», indique Alaric Kohler, président de l’association EcoTransition-La Broye.
Diverses prescriptions en matière de protection du climat sont également ignorées. «La construction de cet abattoir est incompatible avec les objectifs climatiques. Compte tenu des lacunes et des violations qu’il implique, nous demandons que le droit en vigueur soit respecté», explique Sera Pantillon, experte consommation et alimentation pour Greenpeace Suisse.
Avocat des recourant·es, Raphaël Mahaim poursuit: «Ce projet provoquera des nuisances très lourdes pour la région. Le développement économique ne permet pas de justifier tous les impacts pour les riverains et toutes les atteintes à l’environnement. Il revient maintenant à la justice d’examiner rigoureusement la conformité du projet à la loi.»
C’est pour faire respecter la loi et donner une voix à la nature que citoyen·nes et organisations de défense de l’environnement travaillent conjointement depuis 2022 contre ce projet d’abattoir Migros à Saint-Aubin.
| Greenpeace s’engage pour un système alimentaire durable L’alimentation représente 30% de l’impact environnemental de la Suisse. La production de volaille joue un rôle significatif. En effet, l’élevage intensif de poulet produit de grandes quantités d’azote, qui polluent les eaux, le sol, l’air, et portent préjudice à la biodiversité. En outre, les poulets de chair dépendent à près de 80% d’importation de fourrage de l’étranger. Migros affirme mettre en œuvre des mesures pour réduire son empreinte sur la biodiversité et contribuer ainsi à la régénération complète de la nature d’ici 2050. Ce projet de méga-abattoir, qui ne fera que pérenniser la production et la consommation de poulet, en est un parfait contre-exemple. Les rapports de Greenpeace de ces dernières années (2022, 2023, 2024) ont montré que Migros stimule la demande en viande via son assortiment, ses rabais et ses publicités. Greenpeace appelle Migros ainsi que les autres acteurs du commerce de détail à favoriser la production et la consommation de protéines végétales pour une transition vers un système alimentaire durable. |
Matériel complémentaire
Le recours contenant la liste détaillée des violations
Contacts
- Alaric Kohler, président d’EcoTransition-La Broye, +41 78 737 91 42, [email protected]
- Sera Pantillon, experte consommation, Greenpeace Suisse, + 41 78 916 12 96, [email protected]
- Fanny Eternod, porte-parole consommation, Greenpeace Suisse, + 41 78 662 07 31, [email protected]
- Raphaël Mahaim, avocat au barreau, +41 79 769 70 33, [email protected]


