Un petit groupe de très grandes fortunes génère des dommages climatiques extrêmement élevés. C’est avant tout la gestion de leur fortune qui entraîne des conséquences nocives. Elles sont plus de deux fois supérieures à celles liées à leurs habitudes de consommation luxueuse. C’est ce que montre une nouvelle étude de Greenpeace Afrique intitulée “Understanding the Climate Debt of Extreme Wealth”.
La nouvelle étude Greenpeace Afrique “Understanding the Climate Debt of Extreme Wealth” calcule les coûts des dommages climatiques liés aux dépassements des budgets carbones des plus grandes fortunes. Elle démontre que leur responsabilité climatique se fonde moins sur leurs habitudes de consommation très luxueuses, comme par exemple l’utilisation de jets privés ou de yachts de luxe, que sur leurs investissements dans des activités particulièrement nocives. Cette réalité reste largement ignorée dans les politiques climatiques mondiales et nationales.
Les chiffres les plus récents, ceux de 2022, montrent que les investissements du 0,01% des personnes les plus riches du monde causent annuellement 992 milliards de dollars de dettes climatiques. Cela correspond à environ dix fois les recettes fiscales de la Suisse en 2025.
Le principe de dettes climatiques repose sur une idée simple. Les personnes qui contribuent à la crise climatique par des émissions de gaz à effet de serre assument la responsabilité des impacts environnementaux qui en résultent. Selon l’étude, le 0,01% des personnes les plus riches au monde représente environ 800’000 personnes. Plusieurs milliers d’entre elles vivent en Suisse.
“Les conséquences de la concentration des richesses sur le climat sont plus grandes que ce qui était estimé jusqu’à présent”, explique Joëlle Hérin, experte en changement socio-économique pour Greenpeace Suisse. “Une personne qui contribue fortement au réchauffement climatique avec sa grande fortune doit également être davantage mise à contribution pour en couvrir les coûts. Il faut appliquer le principe du pollueur-payeur”.
En moyenne, chacune des 0.01% personnes les plus riches au monde cumule avec ses investissements environ 1,24 million de dollars de dettes climatiques, selon les chiffres de 2022. C’est plus de deux fois le montant des dommages au climat provenant de leurs habitudes de consommation.
Les jets privés et les yachts sont ainsi seulement la partie visible de l’iceberg. Le décalage entre cette petite minorité et le reste des personnes les plus richement dotées sur la planète est spectaculaire. Cette dette climatique moyenne est ainsi 130 fois plus élevée que celle d’une personne appartenant au groupe des 10% des plus grandes fortunes au monde.
Une juste fiscalité
Une taxation équitable des dommages climatiques issus des émissions liées aux investissements du 0,01% des personnes les plus riches permettrait de solder leurs dettes pour le climat. Selon l’étude, la somme ainsi prélevée pourrait considérablement contribuer au financement climatique dans les pays du Sud. C’est là que les impacts du réchauffement coûtent le plus cher. Les besoins y sont estimés à au moins 1’000 milliards de dollars par an selon les chiffres du Climate Action Network.
Greenpeace demande aux gouvernements d’intégrer le principe pollueur-payeur dans les politiques climatiques et fiscales à l’échelle nationale et internationale et de s’engager lors des négociations sur la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale (UNFCITC) pour une juste imposition des investissements financiers des plus grandes fortunes.
Appliquer le principe pollueur-payeur permet de faire émerger une plus juste fiscalité. En Suisse, il est important d’abolir l’imposition forfaitaire et d’harmoniser celle des patrimoines.
Plus d’informations
- Understanding the Climate Debt of Extreme Wealth, Greenpeace Africa, juin 2026
- Executive summary
Contact
- Joëlle Hérin, experte en changement socio-économique, Greenpeace Suisse, +41 79 256 32 65, [email protected]
- Clara Thompson, experte pour la justice climatique et fiscale, Greenpeace Fair Share, +49 175 85 30 226, [email protected]
- Mathias Schlegel, porte-parole, Greenpeace Suisse, +41 79 794 61 23, [email protected]


