Le château de Chillon a été ce soir le théâtre d’une projection d’une vidéo et de photos menée par des militant·es Greenpeace. L’objectif est de dénoncer l’implication de l’entreprise suisse Allseas, installée à Châtel-St-Denis, dans le démarrage de l’extraction minière en eaux profondes. La vidéo met en lumière les liens troubles entre l’entreprise, Donald Trump et la dernière ruée vers l’or de l’histoire récente.

Les photos et les vidéos de l’action (actualisation régulière)

Allseas a discrètement installé son siège mondial dans la zone industrielle de Châtel-Saint-Denis, dans le canton de Fribourg. Le groupe figure parmi les plus grandes entreprises mondiales dans le domaine de l’ingénierie maritime. Il pose des pipelines sur les fonds marins, monte et démonte des plateformes pétrolières et installe des parcs éoliens en mer. Depuis quelques années, il se positionne parmi les principaux acteurs dans la ruée vers les ressources minérales des grands fonds marins. 

Allseas est le principal partenaire de l’entreprise canadienne The Metals Company (TMC), qui cherche à démarrer l’extraction minière en eaux profondes depuis plus d’une décennie. TMC veut démarrer l’exploitation des ressources minières des abysses sans l’autorisation de l’Autorité internationale des fonds marins. Cette organisation de l’ONU compte 170 États membres et a la charge de réglementer et de contrôler toutes les activités liées aux ressources minérales dans les fonds marins internationaux.

Allseas et TMC souhaitent profiter d’un décret de 2025 du président états-unien Donald Trump, qui entend autoriser l’exploitation des ressources minières des grands fonds marins dans les eaux internationales, afin de contourner le droit international.

“Les abysses ne sont pas un objet de spéculation” 

Cette nouvelle industrie pose d’énormes risques pour l’environnement et le climat. Les grands fonds marins abritent des écosystèmes uniques. Les expert·es en biologie marine estiment que 90% des espèces vivant dans les grands fonds marins restent pour l’heure inconnues. 

La faune et la flore ont adapté leur mode de vie aux conditions extrêmes qui règnent à plus de 1 000 mètres de profondeur. Toute intervention est potentiellement dévastatrice. Pire, l’extraction minière risque fort de libérer d’énormes quantités de CO₂ naturellement stockées dans les fonds marins, aggravant les dérèglements climatiques. 

“Les abysses constituent une merveille de la nature, dont la santé est essentielle pour le climat et les océans. Ils ne sont pas un objet de spéculation”, explique Iris Menn, biologiste marine et directrice de Greenpeace Suisse. “Ils ont besoin de notre protection. Nous devons les préserver et tout faire pour éviter leur destruction.” 


Le pillage des abysses, objet de négociations internationales

Actuellement, 43 États, dont la Suisse, se prononcent en faveur d’un moratoire sur l’extraction minière en eaux profondes.

En ce moment se déroule à Kingston, en Jamaïque, la 31e assemblée annuelle de l’Autorité internationale des fonds marins. Cette organisation du système des Nations Unies est responsable des questions relatives à l’exploitation minière des fonds marins. Des représentant·es officiel·les de la Suisse participent à ces discussions internationales. Une délégation de Greenpeace International est également présente.


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