Selon un rapport d’experts des Nations unies, la protection et la restauration des forêts et la réorganisation urgente du système alimentaire mondial sont les principales solutions face à l’escalade de la crise des sols et du climat. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) révèle que, depuis la période préindustrielle, la température sur terre a déjà augmenté de 1,53°C par rapport à la moyenne totale de 0,87°C qui tient compte de l’air au-dessus des océans et des terres. L’augmentation de la température a un impact sur la sécurité alimentaire et entraîne la désertification et la dégradation des terres.

Avant la publication du rapport, des militants Greenpeace ont déployé une bannière à l’extérieur de la réunion de l’ONU portant le slogan : « Less Meat = Less Heat. Climate Action NOW! »

« Défendre et restaurer nos forêts, ainsi que changer notre système alimentaire en mangeant moins de viande, sont des mesures qui aideront à transformer la crise du climat et de la biodiversité en un nouvel espoir pour la nature et les êtres humains », déclare le Dr Christoph Thies, expert de Greenpeace Allemagne pour les forêts et le climat. « Nos terres et notre biodiversité subissent d’énormes pressions, comme en témoignent les incendies qui ont ravagé la Sibérie. Nous devons faire des choix difficiles car nos ressources ne sont pas inépuisables et que nous en faisons déjà un usage excessif. Pour protéger notre climat et nourrir le monde, il faut agir maintenant. Les gouvernements sont dorénavant obligés de mettre à jour et d’améliorer leurs objectifs pour le climat à la lumière du rapport du GIEC. »

Le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et l’utilisation des terres met en garde contre le fait que plus d’un quart des terres subissent une « dégradation induite par l’homme », tout en rappelant que de multiples solutions peuvent stimuler à la fois l’atténuation et l’adaptation,et soutenir les objectifs de développement durable.

Le GIEC a ajouté que les bioénergies, seules ou avec la capture et le stockage du carbone (BECCS), présentent des risques élevés pour la sécurité alimentaire et la dégradation des terres. Les options les plus viables pour lutter contre la crise climatique demandent des efforts en termes de protection et de restauration des forêts et des écosystèmes naturels, ainsi que la réduction de la production et de la consommation de viande.

« Le défi est de taille, mais les solutions sont nombreuses, déclare le Dr Reyes Tirado, principale chercheuse scientifique pour le Greenpeace Research Laboratory à l’Université d’Exeter, spécialiste des questions liées à l’agriculture et au réchauffement climatique. Changer la façon dont nous produisons les aliments et notre alimentation protégera notre climat et favorisera la sécurité alimentaire. Avec une alimentation plus saine, avec moins de viande et riche en plantes et avec des pratiques agricoles écologiques qui aideront à séquestrer le carbone dans les sols et à accroître la biodiversité, nous pouvons libérer de l’espace vital actuellement occupé pour l’élevage et la production d’aliments pour les animaux. Une évolution drastique vers moins de viande et de produits laitiers dans notre alimentation est la solution pour réduire l’impact du système alimentaire sur notre santé et celle de la planète. »

La responsabilité de la Suisse

Les conclusions du rapport du GIEC doivent être sérieusement prise en considération par les décideurs politiques et les entreprises en Suisse. Une étude récente a montré qu’aucun autre pays n’exporte une part aussi importante de son impact environnemental vers des pays tiers que la Suisse. Les suisses consomment beaucoup de matières premières dont la production entraine la destruction d’écosystèmes essentiels à la régulation du climat. La Suisse doit notamment réformer son système alimentaire en réduisant drastiquement la consommation de viande et de produits laitiers. Ces efforts doivent permettre d’aller vers une agriculture durable, c’est-à-dire avec une forte réduction du nombre d’animaux, une augmentation des aires protégées et l’élimination du recours à des produits chimiques de synthèse tel des pesticides ou des engrais.

Le rapport du GIEC fait également les constats suivants:

– 23 % des émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines proviennent de la déforestation, des incendies et de l’agriculture, mais les terres peuvent agir comme un puissant puits de carbone pour aider à atténuer le pire du changement climatique.
– Une meilleure utilisation des terres ne suffira pas à elle seule à stopper le changement climatique. Le fait de retarder la sortie des combustibles fossiles et transférer l’atténuation vers le secteur foncier augmentera le risque d’impacts climatiques et d’insécurité alimentaire.
– Les émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire dans son ensemble, y compris la production et la consommation, représentent jusqu’à 37 % des émissions mondiales totales d’origine humaine.
– La consommation de viande a plus que doublé au cours des 60 dernières années, les terres ayant été converties à des fins agricoles à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine.
– Environ 2 milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses, mais 821 millions de personnes sont encore sous-alimentées, ce qui souligne la nécessité de réformer le système alimentaire mondial.


Les photos de l’action ce matin à Genève seront chargée ici en cours de journée: media.greenpeace.org/shoot/27MZIFJ8L3CSA

Greenpeace a produit un point de presse détaillé analysant les conclusions du GIEC. Ce briefing peut être trouvé ici (en anglais):
bit.ly/2yJfHDp


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Porte-parole, Greenpeace Suisse
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