Davos, jeudi 18 janvier 2018

Des militants Greenpeace ont inauguré une statue de 6 mètres de haut représentant Thémis et l’allégorie de la Justice, dans les environs de Davos avant l’ouverture du World Economic Forum. L’action se déroule alors que Greenpeace International publie dix principes fondamentaux pour mettre fin aux atteintes à l’environnement et aux droits de l’Homme perpétrées par le secteur privé. Ces principes sont compilés dans le rapport « Justice pour les peuples et pour la planète » qui est publié aujourd’hui et qui explique les raisons profondes qui rendent possible ces abus et comment y mettre un terme.

Dans le rapport « Justice pour les peuples et pour la planète », Greenpeace exige des gouvernements la mise en œuvre de règles contraignantes et efficaces au niveau global afin d’obliger les entreprises à assumer leurs responsabilités lorsqu’elles commettent des atteintes aux droits humains et à l’environnement. L’étude montre que les gouvernements laissent agir les grandes firmes en toute impunité. Une analyse de 20 cas concrets illustre comment les acteurs du secteur privé ont usé des failles du droit des entreprises, du droit international, des accords fiscaux et des traités d’investissements ainsi que du lobbying afin de faire des profits sur le dos des peuples et de l’environnement. Parmi les entreprises citées dans le rapport, une vingtaine sont officiellement partenaires du World Economic Forum (WEF), qui se déroule à Davos du 23 au 26 janvier 2018.

Avenir commun ou profit privé? 

« L’élite économique se réunit à Davos pour discuter du thème choisi pour 2018: créer un avenir commun dans un monde fracturé », explique Matthias Wüthrich, expert en responsabilité des entreprises pour Greenpeace International. « En réalité les principaux acteurs du secteur privé continuent de tout faire pour augmenter leur influence et ainsi maximiser leurs profits sur le dos des citoyens et de la planète. Si nous voulons protéger efficacement l’environnement, la question de la justice doit être au centre de la gestion des entreprises. »

Parmi les cas illustrés dans le rapport on compte le scandale du Dieselgate pour lequel le groupe Volkswagen a dû payer de fortes amendes aux États-Unis, mais pas en Europe. Il est montré comment Resolute Forest Products et Energy Transfer Partners ont eu recours à des poursuites SLAPP afin de réduire au silence leurs opposants. La manière avec laquelle le géant suisse Glencore met les gouvernements sous pression en recourant à des tribunaux d’arbitrage est aussi mise en lumière. C’est également le cas du groupe espagnol ACS qui se rend complice d’une catastrophe humaine et écologique avec sa participation à la construction du barrage Renace au Guatemala. Aux côtés de Glencore, les atteintes à l’environnement et aux droits humains perpétrées par 3 autres entreprises suisses sont évoquées dans le rapport. Il s’agit de Nestlé, d’Holcim et de Novartis.

Assumer ses responsabilités, partout sur la planète

Au cœur des 10 principes fondamentaux soutenus par Greenpeace pour rendre les entreprises plus responsables on retrouve l’exigence de tenir responsable « les sociétés et les personnes qui dirigent des entreprises (..) des atteintes à l’environnement et aux droits humains commises par celles-ci dans leur pays d’origine ou à l’étranger ». L’obligation pour les États « d’exiger (…) des audits préalables et une reconnaissance de responsabilité couvrant tout le cycle de vie des produits et services » est aussi évoquée. Enfin les principes rappellent que « les personnes touchées par des atteintes à l’environnement et aux droits humains doivent se voir garantir un droit d’accès aux recours possibles, y compris dans les pays d’origine des entreprises le cas échéant. »

Ces exigences correspondent à une tendance mondiale et correspondent aussi au contenu de l’initiative pour des multinationales responsables, sur laquelle le peuple Suisse devra se prononcer dans un avenir proche. « Ce rapport démontre qu’il est absolument nécessaire d’imposer des règles contraignantes pour la responsabilité des entreprises », ajoute Matthias Wüthrich. « Les acteurs économiques réunis à Davos doivent dépasser le stade des belles paroles et passer à l’action afin d’éviter de voir le monde se fracturer davantage. »

C’est aussi l’objectif visé par l’action symbolique menée ce matin à Davos par des militants Greenpeace. La statue de 6 mètres de haut représentant Thémis et l’allégorie de la Justice, érigée dans les environs de Davos, doit aider à attirer l’attention sur le rapport « Justice pour les peuples et pour la planète ».  Il s’agit de placer symboliquement l’exigence pour plus de justice et de responsabilité aux différents acteurs économiques venus s’isoler à Davos dans le cadre du WEF. Pour mettre en lumière sa campagne, Greenpeace publie aussi une vidéo satirique illustrant le comportement des grandes entreprises par des comparaisons prises dans la vie de tous les jours.

Plus d’informations:

Le résumé du rapport « Justice pour les peuples et pour la planète » en français

Le rapport entier en anglais

Les photos de l’action menée à Davos

La vidéo satirique « It’s not business, it’s just personal » en anglais

Contacts pour les médias: 

Matthias Wüthrich, expert en responsabilité des entreprises pour Greenpeace International, +41 79 704 84 09, matthias.wuethrich@greenpeace.org (présent à Davos), interview en allemand et en anglais
Mathias Schlegel, porte-parole pour Greenpeace Suisse, +41 79 794 61 23, mathias.schlegel@greenpeace.org