Des militants Greenpeace se sont joués du diable avec une projection vidéo sur le légendaire Pont du Diable. Ils ont été soutenus par la chanteuse Licia Chery et le duo composé de Patti Basler & Philippe Kuhn. À l’occasion de la fête nationale, ils ont rappelé que la pandémie de coronavirus était aussi une opportunité de changer notre société, illustrant ainsi une enquête de Greenpeace Suisse sur le confinement.

«In der dunkelsten Stunde, isoliert in euren Wohnungen wie Helvetia in Europa, da schien es an nichts zu mangeln… Was man am meisten vermisse, sei weder die Hitze des Verbrennungsmotors, noch die Schwüle der Ferienreise. Nur die Wärme eines lieben Menschen.»                                                                                                  Patti Basler

A quelques heures du 1er août, des militants Greenpeace ont projeté une vidéo sur le légendaire Pont du Diable. Mais le diable ne s’est pas aventuré hors de sa cachette. Les défenseurs de l’environnement se sont inspirés de notre enquête en ligne sur la manière dont a été vécu le confinement et les changements que cette expérience sans précédent a provoqués. Plus de 6’000 personnes nous avaient  répondu. La plupart des personnes interrogées ont manqué de contacts sociaux avec leur famille et leurs amis, mais de pas grand-chose d’autre. Un grand nombre de participants ont même une vision positive de la situation : ils ont perçu la nature de manière plus intense, ont eu davantage de temps pour leurs enfants ou ont simplement apprécié la tranquillité suite à la diminution du trafic. Beaucoup ont considérablement ralenti leur rythme de vie pendant le confinement. Une réflexion sur la vie en général ou sur leur propre situation a été mentionnée à plusieurs reprises. Une attention particulière a également été portée à une sorte de «désencombrement» (tri, rangement, nettoyage) et aux petits plaisirs du quotidien (bricolage, photographie, etc.), souvent relégués au second plan en temps normal. Vous trouverez les précisions dans notre synthèse.

Une réflexion nécessaire

La pandémie et le confinement ont-ils été un élément déclencheur, une opportunité pour une Suisse plus juste sur un plan écologique et social ? Une chose est claire : la pandémie nous montre à quel point nous sommes vulnérables, à quel point notre société et notre monde sont vulnérables. Comme toujours dans les situations difficiles, il y a cependant également des expériences et des enseignements qui nous aident à avancer en tant qu’individus et en tant que société. À l’occasion de notre fête nationale, les militants ont donné un coup de projecteur sur le fait que la pandémie actuelle est aussi une occasion de repenser notre société, de bâtir des ponts entre individus et avec la nature. La crise climatique et le déclin de la biodiversité ne peuvent être endiguées qu’en surmontant les fossés de plus en plus profonds qui se creusent au sein de nos sociétés. Nous sommes convaincus qu’il faut imaginer de nouveaux modes de vie en commun qui surmontent les clivages écologiques et sociaux. Après l’épreuve de cette pandémie et compte tenu des crises du climat et de la biodiversité, un retour à la vie d’avant ne peut être une option sérieuse.

Ou comme le chante l’artiste genevoise Licia Chery dans sa chanson « L’Étreinte » composée spécialement pour nous : “Comment ne pas voir, comment ne pas croire, comment ne pas savoir ? Le monde s’est tu l’espace d’un instant. Le fleuve a parlé. Avons-nous écouté ? Calmons-nous, reposons-nous, ressourçons-nous, écoutons-nous. La nature parle, les inégalités parlent, le ras-le-bol parle. Ecoutons-là, écoutons-les, écoutons-nous. »